Monday, November 1, 2010

Garder le rythme

Il y a quelques jours, j'ai à nouveau été confrontée à l'une de mes hantises.
C'était au concert de Youss'n Dour, à la salle Pleyel. Le public, très enthousiaste, s'était rapidement levé pour accompagner en tapant dans ses mains les chansons entraînantes du chanteur. Pire, la majorité d'entre eux se mit bien vite à se contorsionner et esquisser des mouvements de danse africaine. Inclus Monsieur qui m'accompagnait, et là, j'ai bien cru mourir sur place.

Les lois de la génétique sont parfois impénétrables, car il semble que mes origines allemandes bien enfouies ou refoulées ressurgissent chaque fois qu'il est question de taper dans les mains en rythme: j'en suis incapable. Ce n'est pas que je suis imperméable à la musique, de longues années de danse m'ont bien formée, mais taper dans mes mains en cadence avec tout le monde me demande des efforts surhumains.
Le lendemain, lors de mon premier cours de gym suédoise, tout allait bien jusqu'à ce que la prof nous demande de joindre nos mains pour rythmer la musique et nos mouvements.
Deux jours avant, au théâtre, les acteurs auraient pu se vexer de mon silence et immobilité au moment de les rappeler.
Mais voilà, taper dans les mains en rythme avec les autres, qui peut sembler une chose naturelle pour la plupart, est pour moi insurmontable.
Mais en vivant dans un "village" de 2 millions d'habitants, ne dois-je pas apprendre à suivre le rythme, garder le rythme, l'amplifier, l'accélérer ou le ralentir à ma guise?

En décidant de revenir à Paris il y a quelques mois, je me suis offerte pour la première fois de ma vie, une belle montre avec une trotteuse, peut-être était-ce involontairement un signe, de globe-trotteuse je devenais une trotteuse, réglée au pas pour me réadapter au rythme parisien? Alors je m'interroge, suis-je une montre, une horloge, un réveil ou une bombe?

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