Tuesday, February 22, 2011

Retail is detail

Il est des boutiques de mode comme des boutons de fleur.
En passant l'autre jour sur le quai Malaquais, quel ne fut mon plaisir de constater qu'un nouveau bouton avait éclos à Saint Germain des Prés.
De plus, loin des Maje, Sandro et Zadig et Voltaire qui polluent les trottoirs de nos villes, de Paris ou de Navarre, c'est bien l'une de mes marques préférées qui a élu domicile dans une ancienne librairie face au Louvre.
Quel plus bel écrin pour l'excellent Mr. Dries Van Noten que cette ancienne librairie, rénovée avec goût, et qui se donne des airs de maison, où il fait bon rêver et se prélasser.
Si j'ai toujours admiré les créations de ce grand de la mode, ses designs au charme nostalgique et indémodable, ses kimonos délicats, ses soies évanescentes, ses lignes parfaites, ma journée s'est vite assombrie à peine la porte passée.
Quand mon ami C. m'a murmuré que le staff était désagréable, j'ai haussé les épaules, tant j'étais pressée de retrouver la chaleur d'une boutique Dries Van Noten. A Dubai, sa belle boutique au coeur de DIFC était ma préférée, et il faisait toujours bon s'y attarder pour échanger nos impressions avec le staff, toujours prêt à vous assister.
Hélas, force est de constater que les équipes françaises de vente ne suivent pas les mêmes formations que les autres.
Souvent désagréables, toujours occupées, et bonnes à vous snober, mon enthousiasme se glaça quand je passai la porte.
Personne pour répondre à mon bonjour, tout juste une Morticia Adams derrière le comptoir qui me toisa de haut en bas. Les fauteuils, les tapis, qui paraissaient si douillets, n'eurent pas le temps de me réchauffer plus de 5 minutes. Ces fantastiques imprimés, ces brocards délicieux et ces soies sublimes ne réussirent à réchauffer la glace de l'accueil, et c'est tout juste si je n'entendais pas un vent sibérien souffler entre le (sublime) mobilier.
Tant pis, j'attendrai d'être à Anvers, Dubai ou Londres pour essayer la dernière collection.
S'il est vrai qu'il est difficile de paraitre riche et distingué quand la température extérieure flirte avec 0 degrés, et qu'il pleut des giboulées, nous n'étions pas pour autant trop dégoutants. Et je pensais que les français étaient assez éduqués et expérimentés pour savoir que l'habit ne fait pas la nonne. N'avez-vous jamais eu le sentiment de déranger en entrant dans un magasin à Paris? A New-York, Munich ou Dubai on vous cirerai vos bottines, mais à Paris on vous fait sentir que le client est de trop. A quand des vendeurs serviables et bien élevés (attention, je n'ai pas dit serviles et soumis, quoique...)
Enfin, j'ai toujours eu beaucoup de respect pour le travail de Mr. Dries Van Noten, et je ne suis pas certaine qu'il apprécierait s'il savait ce qu'il se passe dans son "flagship" parisien.
Les fleurs ont ceci de beau, de tragique et d'éphémère, c'est qu'un petit coup de froid, et toute la beauté se fane, sans qu'on ait pris le temps de sentir son parfum, et se délecter de sa beauté.

No comments:

Post a Comment